Vive la dette ! de Marc Bousseyrol

Publié le par Pierre Vinard

Marc Bousseyrol

Vive la dette !

Éditions Thierry Magnier, 8,90 euros, 161 pages

ISBN / 978-2-84420-745-6

 

Ce petit livre de Marc Bousseyrol – dont le prix raisonnable ne nous poussera pas dans la spirale du surendettement – est un vibrant plaidoyer pour la dette. Dans un style alerte, multipliant les références théoriques et historiques, ce spécialiste reconnu de Keynes défend les vertus, dans une économie industrielle, de l’endettement. À rebours de nombreuses idées reçues, et en opposition avec une certaine presse économique, il montre que la dette favorise en effet l’investissement et la croissance. Elle peut permettre aussi, dans des périodes de crise, d’éponger l’épargne, de soutenir la consommation et de contribuer à une relance de l’économie. De même le poids de l’endettement ne grève pas forcément les revenus des générations futures si la dette est correctement financée et surtout utilisée. En revanche elle peut entraîner des transferts importants entre créanciers et contribuables. C’est là peut-être la partie la plus originale du livre, dans laquelle Marc Bousseyrol montre les inconvénients d’emprunts souscrits massivement par l’étranger – qui seraient effectivement source d’appauvrissement pour un pays – ou encore les risques d’inégalités de répartition de revenus que peut générer la charge de la dette. À l’heure où un grand emprunt national  va être lancé par le gouvernement français, cette mise en garde est salutaire. Mais une fois le principe d’un endettement vertueux acté, les économistes doivent répondre à deux questions essentielles : quel doit être le montant optimal de la dette d’un pays ? Et comment utiliser cette dette pour procurer à l’économie tous les avantages énumérés par l’auteur ? Ce dernier en a d’ailleurs bien conscience, puisqu’il écrit en conclusion de son petite ouvrage : « endettons-nous dans des quantités raisonnables ! ». Il reste donc à Marc Bousseyrol à définir ce qu’est une dette « raisonnable », c'est-à-dire à rédiger une suite à « Vive la dette ! » que nous lirons bien sûr avec… intérêt !

 

 

Pierre Vinard

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